Publié le 15 mars 2024

En résumé :

  • Le prêt relais est un outil puissant pour saisir une opportunité d’achat, mais son succès repose sur une évaluation réaliste de votre bien actuel et une bonne gestion du temps.
  • La banque ne finance qu’une partie (environ 70%) de la valeur de votre bien pour se protéger, et vous protéger, contre un retournement de marché et une vente précipitée.
  • Le choix entre prêt relais « sec » (si l’achat coûte moins que la vente) et « adossé » (si l’achat est plus cher) dépend de votre projet et de votre capacité d’endettement.
  • Fixer un prix de vente trop élevé au départ est la principale erreur : cela « grille » votre bien et vous met sous pression à l’approche de l’échéance du prêt.

Vous visitez des biens depuis des mois et soudain, c’est le coup de foudre. La maison parfaite, l’emplacement idéal, le projet de vie qui se dessine. Problème : votre résidence actuelle n’est même pas encore en vente. Faut-il laisser passer cette opportunité unique ? C’est ici qu’intervient le prêt relais, une solution de financement conçue spécifiquement pour les propriétaires en phase d’achat-revente. Il agit comme un pont financier, vous permettant d’acheter votre nouveau logement avant d’avoir vendu l’ancien. Cette opération, si elle semble magique, est loin d’être un long fleuve tranquille.

Beaucoup d’articles se contentent d’expliquer la mécanique du prêt relais sec ou adossé. Mais la véritable clé du succès ne réside pas dans la compréhension technique du produit. Elle se situe dans la maîtrise de deux facteurs critiques souvent sous-estimés : la pression temporelle et le risque psychologique. Un prêt relais mal calibré peut rapidement transformer le rêve en cauchemar, vous forçant à accepter une offre bien en deçà de la valeur de votre bien par peur de l’échéance. L’enjeu n’est donc pas seulement d’obtenir un financement, mais de construire une stratégie qui vous redonne le contrôle du temps et de la négociation.

Cet article n’est pas un simple guide sur le prêt relais. C’est une feuille de route stratégique pour vous, secundo-accédant. Nous allons décortiquer les mécanismes de prudence des banques, analyser les scénarios de risque pour mieux les anticiper, et vous donner les armes pour faire de cette période de transition une réussite, et non une source d’angoisse financière. Nous verrons comment arbitrer entre les différentes options, éviter les erreurs classiques et, au final, sécuriser votre projet de vie sans brader votre patrimoine.

Pour vous guider dans cette décision cruciale, cet article est structuré pour répondre pas à pas à toutes vos interrogations. Découvrez notre plan détaillé pour naviguer sereinement dans l’univers de l’achat-revente.

Pourquoi la banque ne prendra que 70% de la valeur estimée de votre bien actuel ?

Face à votre projet, la banque semble frileuse. Elle ne vous avance que 70% de la valeur expertisée de votre maison, alors que vous êtes convaincu de pouvoir la vendre bien plus cher. Cette règle n’est pas une tentative de dévaluer votre patrimoine, mais un mécanisme de prudence partagé. La banque se protège contre un retournement de marché ou un délai de vente qui s’allonge, facteurs qui pourraient vous obliger à baisser votre prix. Ce matelas de sécurité de 30% est donc aussi une protection pour vous : il vous évite de vous retrouver dans une situation où le montant du prêt relais dépasserait le prix de vente final de votre bien.

Ce pourcentage n’est cependant pas gravé dans le marbre. Il reflète une moyenne observée sur le marché, où le montant accordé fluctue généralement entre 50% et 80% de la valeur du bien. Plusieurs facteurs peuvent influencer la décision de la banque et vous permettre de négocier un pourcentage plus favorable. L’objectif est de réduire le risque perçu par le prêteur en apportant des garanties solides sur la rapidité et le prix de la vente.

Pour mettre toutes les chances de votre côté, préparez un dossier solide. Fournir des preuves concrètes de la « liquidité » de votre bien peut faire pencher la balance. Voici quelques arguments à faire valoir :

  • Présenter un compromis de vente déjà signé : C’est l’argument ultime. Si vous avez déjà un acheteur engagé, la banque peut monter son avance jusqu’à 80% ou plus, le risque de non-vente étant quasi nul.
  • Fournir deux expertises immobilières concordantes : Cela démontre que votre estimation de prix n’est pas optimiste mais basée sur une analyse de marché rigoureuse.
  • Mettre en avant un excellent historique bancaire : Un taux d’endettement faible et une gestion financière saine rassurent sur votre capacité à gérer la transition.
  • Proposer un mandat de vente exclusif : Cet engagement auprès d’une agence prouve votre détermination à vendre rapidement et de manière professionnelle.

En somme, considérez ce ratio de 70% non comme une contrainte, mais comme le point de départ d’une négociation. Plus vous apporterez de preuves de la fiabilité de votre projet de vente, plus vous serez en position de force pour optimiser le montant de votre prêt relais.

Que se passe-t-il si vous n’avez pas vendu votre maison au bout des 24 mois du relais ?

La durée maximale d’un prêt relais est généralement de 12 mois, renouvelable une fois, soit 24 mois au total. Cette échéance, qui paraît lointaine au début, peut vite devenir une source de stress intense si la vente de votre bien immobilier s’éternise. Le témoignage d’un couple parisien, rapporté par Pretto, est éloquent : « Après 5 mois de prêt relais, ils ont dû accepter la seule offre reçue par crainte de ne pas vendre à temps. ‘Cela m’a paru une éternité, on s’est sentis obligés d’accepter' ». Cette expérience illustre parfaitement la pression temporelle qui s’installe et qui peut pousser à de mauvaises décisions financières.

Si, à l’approche de la fin du contrat, aucune vente n’est conclue, vous n’êtes pas pour autant dans une impasse totale, mais les options deviennent plus complexes et souvent coûteuses. Il est crucial de ne pas faire l’autruche et d’anticiper ce scénario avec votre conseiller bancaire plusieurs mois avant l’échéance fatidique.

Calendrier avec marqueurs temporels représentant les échéances critiques d'un prêt relais

Comme le suggère cette image, le temps qui passe réduit le champ des possibles. Plusieurs solutions peuvent être envisagées, chacune avec ses avantages et ses inconvénients. Le dialogue avec votre banque est essentiel pour trouver la moins mauvaise des solutions, adaptée à votre situation personnelle et à votre capacité de remboursement.

Voici les principales options qui s’offrent à vous si vous arrivez au bout du délai, comme le détaille une analyse des solutions post-relais :

Options disponibles à l’échéance du prêt relais
Option Avantages Inconvénients
Transformation en prêt classique Étalement sur plusieurs années Coût total très élevé, nécessite un taux d’endettement < 35%
Location du bien Revenus pour couvrir les charges Contraintes de gestion locative
Baisse importante du prix Vente rapide Perte financière conséquente
Vente du nouveau bien Résolution rapide Taxation plus-value si ce n’est plus la résidence principale

La meilleure stratégie reste l’anticipation. Un prix de vente juste dès le départ, une bonne stratégie marketing et un suivi régulier du marché sont vos meilleurs alliés pour éviter de vous retrouver face à ces choix difficiles.

Vente longue ou Prêt relais : quelle stratégie coûte le moins cher en frais financiers ?

Avant de vous lancer dans un prêt relais, une autre option mérite d’être étudiée : la vente longue. Cette technique consiste à signer un compromis de vente pour votre bien actuel en négociant avec votre acheteur un délai de 4 à 6 mois (voire plus) avant la signature de l’acte authentique. Ce laps de temps vous permet de chercher et d’acheter votre nouveau logement en toute sérénité, avec la certitude que votre financement est sécurisé. Mais entre la flexibilité du prêt relais et la sécurité de la vente longue, quelle stratégie est la plus avantageuse financièrement ?

La réponse dépend entièrement de votre situation et du marché. Le prêt relais engendre des coûts directs : les intérêts. Avec des taux qui se situaient autour de 4,76% fin 2023, un prêt de 200 000€ sur 12 mois génère environ 9 520€ d’intérêts. La vente longue, elle, n’a pas de coût d’intérêt, mais peut engendrer des frais indirects importants : si vous devez libérer votre bien pour l’acheteur avant d’avoir trouvé le vôtre, vous devrez assumer un double déménagement et plusieurs mois de location. Ce coût peut rapidement dépasser celui des intérêts d’un prêt relais.

Le véritable arbitrage se fait entre le coût financier direct et le coût d’opportunité. Le prêt relais vous offre une réactivité maximale pour sauter sur un coup de cœur. La vente longue, plus rigide, pourrait vous faire manquer la maison de vos rêves. Voici une comparaison pour y voir plus clair, basée sur une simulation d’Empruntis :

Comparaison des coûts : Vente longue vs Prêt relais
Critère Vente longue Prêt relais
Coût financier direct Location temporaire : 1200€/mois x 6 mois = 7 200€ + frais Intérêts (ex: 4,76% sur 200k€/12mois) : ~9 520€ + frais
Flexibilité Rigidité calendrier, risque de rater une opportunité Réactivité maximale pour saisir un coup de coeur
Négociation achat Position plus faible (délai demandé) Capacité de négociation agressive (pas de condition suspensive de vente)
Risque principal Coût location + double déménagement Pression sur le prix de vente si elle s’éternise

La décision est donc un calcul stratégique. Si vous êtes dans un marché où les biens partent vite et où vous avez besoin de flexibilité, le surcoût du prêt relais peut être un investissement judicieux pour sécuriser le bien idéal. Si vous préférez la sécurité et que vous pouvez négocier un délai confortable avec votre acheteur, la vente longue est une option économiquement très attractive.

L’erreur de calibrer un prêt relais en haut de cycle immobilier : comment éviter la « negative equity » ?

Souscrire un prêt relais, c’est parier sur la valeur future de son bien. Or, l’immobilier est un marché cyclique. Calibrer son prêt sur la base d’une estimation optimiste en plein pic de marché est l’erreur la plus dangereuse. Si le marché se retourne, vous risquez la « negative equity » : une situation où le capital restant dû de vos prêts (relais + complémentaire) est supérieur à la valeur de votre patrimoine immobilier après la vente. Autrement dit, vous devez de l’argent à la banque même après avoir tout vendu. Un scénario catastrophe absolu.

Plusieurs signaux faibles indiquent qu’un marché atteint un sommet et pourrait commencer à baisser. Il est de votre responsabilité de les surveiller. L’un des indicateurs les plus fiables est le volume des transactions. Une baisse significative montre un grippage du marché. Par exemple, les dernières données des notaires de France faisaient état de 780 000 transactions à fin août 2024, soit -18,1% sur un an. C’est un signal d’alerte majeur qui doit inciter à la plus grande prudence dans l’estimation de son prix de vente.

Métaphore visuelle d'un cycle immobilier avec indicateurs de risque

Agir en conseiller stratégique de votre propre projet implique de devenir un observateur avisé du marché local. Ne vous fiez pas uniquement aux gros titres nationaux. Voici des points de vigilance concrets pour évaluer la température de votre marché local :

  • Surveiller l’évolution du stock de biens similaires : Si le nombre de maisons concurrentes à la vôtre augmente sur les portails, la pression sur les prix va s’accroître.
  • Comparer les prix affichés vs prix vendus : Des marges de négociation qui dépassent 8% sont un signal fort de retournement. Le marché n’accepte plus les prix demandés.
  • Observer l’allongement des délais de vente moyens : Ce qui se vendait en 30 jours met désormais 90 jours ? Le marché ralentit.
  • Analyser l’évolution des taux d’intérêt : Une hausse des taux directeurs de la BCE se répercute sur les crédits immobiliers, réduisant le pouvoir d’achat des acquéreurs et pesant à la baisse sur les prix.

En période d’incertitude, la prudence est reine. Mieux vaut tabler sur une estimation conservatrice et avoir une bonne surprise, que l’inverse. Négociez un prêt relais sur 12 mois plutôt que 24 pour vous forcer à une discipline de vente, et prévoyez toujours un matelas de sécurité financier pour faire face à une éventuelle baisse de prix.

Faut-il rembourser les intérêts du relais mensuellement ou in fine à la vente ?

Une fois le montant de votre prêt relais défini, une autre question stratégique se pose : comment allez-vous gérer le remboursement des intérêts ? Deux options principales s’offrent à vous : la franchise partielle ou la franchise totale. Ce choix n’est pas anodin, car il a un impact direct sur votre trésorerie mensuelle et sur le coût total de votre crédit.

Avec la franchise partielle, vous remboursez chaque mois les intérêts du prêt relais, ainsi que l’assurance emprunteur. Seul le capital est remboursé à la fin, lors de la vente de votre bien. Cette option pèse sur votre budget mensuel mais s’avère plus économique sur la durée. En franchise totale, vous ne payez que l’assurance chaque mois. Les intérêts, eux, ne sont pas payés : ils s’ajoutent au capital et sont remboursés en bloc à la fin. Cette méthode, appelée « capitalisation des intérêts », offre un grand confort de trésorerie mais augmente le coût final, car vous payez des intérêts sur les intérêts accumulés.

Pour illustrer, prenons un exemple concret : pour un prêt relais de 210 000€ à 4% sur 12 mois, la franchise partielle impliquerait des mensualités d’environ 700€ d’intérêts. En franchise totale, votre mensualité serait quasi nulle (juste l’assurance), mais le montant total à rembourser à la fin serait plus élevé. Le choix dépend donc de votre profil. Si vos revenus vous permettent d’absorber une charge supplémentaire, la franchise partielle est plus vertueuse. Si votre taux d’endettement est déjà tendu et que vous êtes absolument certain de vendre rapidement, la franchise totale peut être une solution temporaire viable.

Le tableau suivant, inspiré des guides de la profession, résume les points clés pour vous aider à décider :

Franchise partielle vs Franchise totale
Critère Franchise partielle Franchise totale
Paiement mensuel Intérêts + assurance Assurance uniquement
Coût total Plus économique Plus élevé (intérêts capitalisés)
Impact trésorerie Pression mensuelle Confort de trésorerie
Discipline de vente Incitation à vendre rapidement Risque d’attentisme
Profil adapté Revenus stables et confortables Trésorerie tendue ou vente rapide assurée

La franchise totale peut sembler séduisante par son confort immédiat, mais elle comporte un risque psychologique : en ne sentant pas le coût du crédit chaque mois, on peut être tenté de moins s’activer pour vendre. La franchise partielle, bien que plus contraignante, maintient une saine pression pour conclure la vente au plus vite.

Comment fixer la date de réitération pour coïncider avec la fin de votre bail ou votre prêt relais ?

La gestion du calendrier est le nerf de la guerre dans une opération d’achat-revente. Le but est de faire coïncider parfaitement la vente de votre ancien bien avec l’achat du nouveau pour éviter des jours, voire des semaines, de « vacance » coûteuse (loyers d’un logement temporaire, double charge de crédit…). La date de réitération de l’acte authentique, c’est-à-dire le jour de la signature finale chez le notaire, est le point d’orgue de ce ballet administratif. La fixer avec précision demande une planification rigoureuse.

Il faut avoir en tête que le délai entre la signature du compromis de vente et l’acte authentique est en moyenne de trois mois. Ce délai n’est pas arbitraire, il est incompressible et correspond à une succession d’étapes légales et administratives. Pour maîtriser votre calendrier, vous devez travailler en « rétroplanning » à partir de votre date butoir (fin de prêt relais, fin de bail…).

Voici un exemple de rétroplanning type pour la vente de votre bien :

  • J-90 jours (minimum) : Signature du compromis de vente. C’est le point de départ.
  • J-80 jours : Envoi du dossier complet au notaire pour qu’il commence les vérifications d’urbanisme, hypothécaires, etc.
  • J-70 jours : Fin du délai de rétractation de 10 jours pour votre acheteur.
  • J-30 jours : Purge du droit de préemption urbain (la mairie a 2 mois pour dire si elle achète le bien à votre place).
  • J-15 jours : Confirmation de l’obtention définitive du prêt par votre acquéreur. C’est un jalon critique.
  • Jour J : Signature de l’acte authentique et remise des clés.

Même avec la meilleure planification, des imprévus peuvent survenir. Heureusement, il existe des outils juridiques pour se ménager une marge de sécurité. Comme le souligne Karine Dabot, avocate, il est possible d’anticiper ces aléas :

Le notaire peut négocier une clause de prorogation du délai de la promesse de vente, ou une date de signature ‘tampon’ offrant une marge de sécurité de quelques semaines.

– Karine Dabot, Avocate au barreau d’Aix-en-Provence

N’hésitez pas à discuter de ces clauses avec votre notaire. Prévoir une date de signature « au plus tard le… » plutôt qu’une date fixe peut vous apporter la souplesse nécessaire pour un enchaînement parfait des opérations.

L’erreur de tester le marché à un prix trop haut et de « griller » son bien pour 6 mois

Dans l’espoir de maximiser leur profit, de nombreux vendeurs commettent l’erreur de « tester » le marché avec un prix de vente délibérément surévalué. C’est la pire stratégie possible, surtout dans le cadre d’un prêt relais. Un bien qui reste trop longtemps affiché à un prix déconnecté de la réalité finit par être « grillé » : les acheteurs potentiels le voient et le revoient, supposent qu’il a un défaut caché et finissent par l’ignorer complètement. Même après une baisse de prix, le mal est fait. La méfiance est installée.

Cette erreur de positionnement initial vous fait perdre un temps précieux et vous place dans une position de faiblesse. À mesure que l’échéance du prêt relais approche, la pression monte et vous risquez de devoir accepter une offre bien inférieure à ce que vous auriez obtenu avec un prix juste dès le départ. Les chiffres du marché confirment cette tendance : selon le baromètre LPI-iad, les marges de négociation moyennes atteignent 8,5%, un chiffre en forte hausse. Cela signifie que les acheteurs ont repris la main et n’hésitent plus à négocier agressivement les biens qu’ils jugent surévalués.

Si vous avez malheureusement déjà « grillé » votre bien, tout n’est pas perdu. Il est possible de réinitialiser sa perception sur le marché, mais cela demande une stratégie de « reset marketing » radicale. Attendre et baisser le prix par petits paliers ne suffit plus. Il faut créer une rupture et donner l’impression d’une nouvelle opportunité.

Votre plan d’action pour un bien « grillé »

  1. Retrait stratégique : Retirez complètement l’annonce de tous les portails pendant au moins un mois pour la faire « oublier ».
  2. Nouvelle image : Commandez une nouvelle séance de photos professionnelles, si possible à une saison différente pour changer l’ambiance, ou réalisez un home staging (même virtuel).
  3. Changement de cap : Changez d’agence immobilière. Un nouvel agent apportera un nouveau regard et une nouvelle stratégie de communication.
  4. Ajustement significatif : Republiez l’annonce avec un prix ajusté d’au moins 5% à la baisse par rapport au dernier prix affiché. La baisse doit être perçue comme une réelle nouvelle opportunité.
  5. Réécriture complète : Créez un nouveau texte d’annonce qui met en avant des atouts différents de la première version pour attirer un nouveau profil d’acheteurs.

La leçon à retenir est simple : la première impression est la seule qui compte. Investir dans deux ou trois estimations professionnelles contradictoires pour fixer le prix le plus juste dès le départ vous fera économiser du temps, de l’argent et beaucoup de stress.

À retenir

  • Le principe des 70% de la banque n’est pas une punition, mais un matelas de sécurité essentiel pour vous protéger contre la pression d’une vente forcée en cas de retournement de marché.
  • La fixation d’un prix de vente juste et réaliste dès le premier jour est plus stratégique qu’un prix élevé. Elle accélère la vente, réduit les coûts d’intérêts et diminue drastiquement le stress.
  • Le choix entre remboursement mensuel des intérêts (franchise partielle) et remboursement final (franchise totale) est un arbitrage entre confort de trésorerie immédiat et coût total du crédit.

Coup de cœur ou achat raisonné : comment valider qu’une maison correspond vraiment à votre mode de vie ?

Le prêt relais est souvent déclenché par un coup de cœur. Cette impulsion est un moteur puissant, mais elle peut aussi être aveuglante. Engagé dans une course contre la montre pour ne pas perdre le bien de vos rêves, vous pourriez négliger des aspects pratiques qui se révéleront problématiques au quotidien. Valider qu’une maison correspond réellement à votre mode de vie, au-delà de l’émotion initiale, est la dernière étape cruciale pour sécuriser votre projet sur le long terme.

Le témoignage de Lucie, recueilli par Pretto, est à ce titre très instructif : « Notre conseil : ne pas se baser sur l’estimation la plus haute mais sur une estimation fiable. Conservez un matelas de sécurité car on ne maîtrise pas tout ! ». Ce conseil sur la vente s’applique aussi à l’achat. Ne vous fiez pas uniquement à l’impression positive de la première visite. Il faut objectiver votre choix et vous projeter concrètement dans le futur.

Posez-vous les bonnes questions. Est-ce que ce bien est « liquide » ? En cas de revente forcée dans quelques années, se vendra-t-il facilement ? Un bien atypique peut être charmant, mais il trouvera plus difficilement preneur qu’un bien standard. Pensez également au vrai coût de possession. Ne vous limitez pas à la mensualité du futur prêt. Calculez le budget global en ajoutant la taxe foncière, les charges de copropriété, les factures d’énergie estimées (le DPE est votre ami !), les frais d’entretien annuels (comptez environ 1% de la valeur du bien) et les éventuels surcoûts de transport si vous vous éloignez de votre lieu de travail.

Pour contrer l’effet « coup de cœur irrationnel », organisez une contre-visite avec un proche connu pour son esprit critique. Visitez le bien à différents moments de la journée et de la semaine pour évaluer la luminosité, le bruit du voisinage ou les difficultés de stationnement. Prenez le temps de lister objectivement les cinq défauts majeurs du bien. Cet exercice vous aidera à prendre une décision plus équilibrée, en pesant le pour et le contre de manière rationnelle.

En définitive, la réussite de votre projet d’achat-revente ne dépend pas seulement de la signature d’un prêt, mais de votre capacité à piloter cette transition avec stratégie et sang-froid. Pour mettre en pratique ces conseils et évaluer précisément vos options, l’étape suivante consiste à obtenir une simulation personnalisée de votre projet auprès d’un conseiller spécialisé.

Questions fréquentes sur le prêt relais et l’achat-revente

Comment évaluer la liquidité d’un bien en cas de revente forcée ?

Vérifiez le délai moyen de vente dans le quartier, le nombre de biens similaires en vente, et privilégiez les biens ‘standards’ (3 pièces, 2 chambres) plutôt que les biens atypiques difficiles à revendre.

Quelle est la meilleure stratégie de visite pour éviter le coup de cœur irrationnel ?

Organisez une contre-visite avec la personne la plus critique de votre entourage, visitez à différents moments (jour/nuit, semaine/weekend) et listez systématiquement 5 défauts majeurs du bien.

Comment calculer le vrai coût de possession du nouveau bien ?

Additionnez : mensualité du prêt + taxe foncière/12 + charges de copropriété + chauffage estimé selon DPE + assurance habitation + frais d’entretien (1% de la valeur/an) + surcoût transport si éloignement.

Rédigé par Thomas Lemercier, Ancien directeur d'agence bancaire au sein d'un grand réseau national, Thomas Lemercier est aujourd'hui courtier en financement depuis 11 ans. Il maîtrise les rouages de l'octroi de crédit, du taux d'usure au lissage de prêts. Il est l'expert incontournable pour optimiser le coût total du crédit et contourner les blocages bancaires.